Plutôt que de continuer d'engloutir des sommes abyssales qui ne font qu'enrichir des petits malins, rentiers et spéculateurs des énergies dites renouvelables, nous devons nous organiser...
_________________________________
(la première partie)
- Pour une sécurisation accrue de l'existant.
- Pour investir dans la recherche fondamentale afin que, dans les décennies à venir, le démantèlement des centrales et le traitement des déchets soient opérationnels à un coût acceptable, dans des mesures de sécurité pour l'homme comme pour la nature.
- Pour développer massivement les économies d'énergie tant sur les plans domestique qu'industriel (sans intégrisme : nous avons besoin de tout sauf d'une énergie assez chère pour pénaliser davantage notre industrie et de ce fait augmenter le chômage) de manière que le renchérissement du prix de l'électricité soit compensé par la diminution de sa consommation.
- Pour découvrir d'autres possibilités de stocker l'électricité à un coût acceptable afin de:
- pallier les écarts entre moments de production et moments de forte demande ;
- permettre, s'ils atteignent un jour un prix de revient acceptable (ce dont je doute au vu de ce que l'on sait: il faut franchir un pas technologique dont nous n'avons pas idée en ce moment) d'intégrer de manière non artificielle éolien et photovoltaïque dans le MIX énergétique; on pourra alors acheter cette énergie peu ou prou au prix du marché, et pas en pure perte comme en ce moment quand elle est fournie même si les opérateurs n'en ont pas besoin, et qui doivent la payer cash.
A cet égard nous avons déjà deux moyens de stockage à notre disposition :

- Les STEP (stockage et transfert d'énergie par pompage) qui offrent un rendement satisfaisant - mais soulèvent partout où on envisage leur implantation des levées de bouclier environnementalistes (des mêmes qui chantent les vertus de l'éolien et du photovoltaïque, intermittents par nature)
- Le stockage sous forme d'hydrogène obtenue par électrolyse, réutilisée en période de pointe (c'est cher, d'un faible rendement : les partisans parlent de 40% - à vérifier - et la compression pour stockage d'un gaz hautement inflammable et explosif n'est pas sans danger)
Rien ne dit que l'une et/ou l'autre de ces méthodes voire d'autres dont nous soupçonnons à peine l'existence ne donneront pas un jour pleinement satisfaction. Mais nous n'en sommes pas - et de loin - à la phase de développement si nous devons poursuivre les recherches en ce domaine. A cet égard, la Contribution de Solidarité à l'énergie déjà évoquée serait autrement mieux employée pour le bien commun que dans des chantiers d'éolien ou de photovoltaïque qui coûtent des fortunes et ne sont d'aucun intérêt public.
Néanmoins, il y a une donnée dont il faut impérativement tenir compte : la parole de l'État a été engagée et on ne saurait revenir dessus. Donc les engagements pris pour les temps à venir, autour desquels des sociétés se sont constituées, doivent être respectées avec une visibilité suffisante pour qu'elles conservent leur viabilité, le temps d'une éventuelle reconversion.
Si dans une ou deux décennies, les productions "alternatives" se font à un prix voisin du marché et si des formes de stockage abordables permettent de s'affranchir de leur mode aléatoire (nous en reparlerons) il sera temps de leur donner une place grandissante dans le MIX électrique.
Mais ne lâchons pas la proie pour l'ombre et n'abandonnons pas de façon prématurée quelque chose qui fonctionne. La probable augmentation de la CSE serait mieux orientée pour financer l'augmentation de la sécurité nucléaire ; la recherche visant au démantèlement ultérieur des centrales quand nous aurons quelque chose à mettre à leur place, fiable et qui ne dégage pas de CO2 ; la recherche vis-à-vis des stockage d'énergie (sans eux, aucune alternative n'est possible)
... et surtout à l'attribution de prêts bonifiés et d'aides diverses qui permettent à tous de réaliser des économies d'énergie substantielles : l'énergie la moins chère et qui pollue le moins étant celle qu'on ne consomme pas, on ne le répétera jamais assez.
****************************************
Si nous comparons notre situation avec celle des Allemands qui entreprennent de sortir du nucléaire, lequel ne représente qu'un quart de leur MIX électrique, nous bénéficions d'une électricité beaucoup moins chère. L'augmentation programmée chez nous la mettrait à leur niveau s'ils n'allaient pas eux aussi augmenter leurs prix d'au moins 25%, de l'aveu du gouvernement...
Cela pour acquérir un parc de centrales à gaz (russe) à charbon et à la lignite (ce qui se fait de pire en matière de pollution, et on n'évoque pas que le CO2!) en plus des milliers d'éoliennes qu'ils comptent installer (il est vrai que la Poméranie ou la Ruhr offrent moins de sites touristiques remarquables que la plupart des régions françaises...)
Parce que comme il arrive en Allemagne comme ailleurs que le vent oublie de souffler et que le soleil ne brille pas (la nuit), que cela survient fréquemment en hiver quand un anticyclone crée une zone de grand froid, il faudra bien des centrales qui se substitueront à l'éolien et au photovoltaïque. Un courant dit "propre" mais cher, doublé d'un courant produit par des centrales faisant doublon (deux équipements signifient prix de revient plus élevé).
.
De fait les Allemands :
.
- ne tiendront pas leurs engagements internationaux liés à la réduction du CO2 (Tokyo, Durban) alors même que leurs négociateurs se situaient en pointe dans les débats ;
- accroîtront leur dépendance à l'étranger, vis à vis des Russe surtout mais également des... Français**. En effet, très hypocritement, leur gouvernement agit pour toujours plus de dérégulation européenne de l'énergie.
Traduction : ils auront les mêmes droits que nous au nom de la concurrence libre et non faussée de tirer sur notre énergie nucléaire, en se donnant pour eux-mêmes un rôle vertueux (précurseur : le Danemark "sorti du nucléaire" et accessoirement recordman européen d'émission de gaz à effet de serre, qui se fournit en énergie nucléaire fabriquée par la Suède dans une centrale quasi frontalière et dédiée à eux presque exclusivement) ;
- diminueront leur compétitivité et réduiront le pouvoir d'achat de leurs citoyens...
Tout cela pour changer 25% de leur MIX. On imagine l'effort à consentir en France pour en changer de 75 à 80%... et encore : nous n'avons plus ni charbon ni lignite !

** C'est la parabole du bourgeois qui fait fermer le bordel de sa rue au nom de la morale, mais qui va aux putes dans le quartier voisin. Déjà le Bade Wurtemberg voisin de l'Alsace revendique officiellement la fermeture de Fessenheim... que ne donne-t-il pas l'exemple en refusant d'acheter du courant provenant de ces deux réacteurs ?
Demain, une brève permettra de conclure (provisoirement) ce sujet. Une page régulièrement actualisée récapitulera l'ensemble de la réflexion
benjamin borghésio
Rappel: pour les "hors sujet", l'Agora (lien) est à votre disposition
Les commentaires récents