Note "exceptionnelle" écrite pour cause d'actualité brûlante
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Les députés grecs choisissent l'Euro, la rue s'enflamme. (Libé)
Scènes de guérilla urbaine en Grèce. (Le Point)
Selon les estimations, entre 80.000 et 160.000 émeutiers ont manifesté hier pour protester... Jusqu'ici (pour combien de temps?) contenus par une police qui fut à la limite d'être submergée (les flics grecs sont les seuls dans ce pays à ne pas avoir été touchés par les mesures d'austérité. Ceci explique sans doute leur fidélité au "régime" collabo qui brade son pays à la finance internationale)
Le nouveau plan d'austérité réclamé par l'UE et le FMI comporte en particulier une réduction de 22% du SMIC déjà très bas dans un pays où la vie est très chère, encore des réductions de salaires dans la fonction publique, une nouvelle baisse des pensions de retraite (qui ont déjà "pris" 25% depuis le début de la crise), l'accélération de la vente des actifs à un prix bradé dans un contexte d'arrogance inouïe, quand Merkel voulait installer un gauleiter de la Commission européenne à Athènes, avec droit de veto sur toute décision gouvernementale et que des médias teutons réclament la cession des îles grecques! (Il est vrai que pour y installer les retraités d'outre-Rhin, ce serait plus sympa que la Poméranie)
Tout ça - et bien d'autres choses encore - contre un prêt d'un peu moins de 15 milliards d'euros - somme apparemment considérable - mais sans que la pression se relâche sur les taux d'intérêt usuraires auxquels la Grèce est soumise, ce qui fait que cet argent sera récupéré très vite et que le pays n'en sera nullement soulagé. Bref on prolonge le garrottage avant la mort. On serre la vis très doucement.
Les membres du gouvernement avaient solennellement mis en garde contre des scénarios d’apocalypse ou de «chaos» pour la Grèce, si les députés votaient contre le programme, en affirmant que le pays serait alors conduit à se déclarer rapidement en cessation de paiement, et à sortir à plus ou moins long terme de l’euro.
"Sur les 278 députés présents, 199 ont voté pour, 74 contre", a indiqué Philippos Petsalnikos à l'issue du vote au Parlement, qui comprend au total 300 députés. Le texte a reçu l'approbation des deux principaux partis, les socialistes du Pasok et la droite de la Nouvelle Démocratie, qui participent au gouvernement de la coalition gouvernementale du Premier ministre Lucas Papadémos. Toutefois, plus d'une vingtaine des 153 députés socialistes ont voté contre le projet et ont été aussitôt radiés du groupe parlementaire du Pasok à la suite d'une décision écrite du chef du parti Georges Papandréou adressée au président du parlement.
Qui peut sincèrement soutenir qu'il y aurait pire que cette situation, et que déclaration de faillite avec sortie de l'euro ne serait pas une solution meilleure? C'est le scénario que retint l'Argentine qui a rejeté les diktats du FMI et en a effectivement bavé dix années durant avant de s'en sortir (très bien) quand la solution "euro" proposée aux Grecs, c'est vingt ans au moins de sang, de sueur et de larmes pour aboutir à un pays complètement bradé à l'étranger et à la finance. On peut aussi parler des Islandais qui ont répondu aux types qui avaient spéculé plus que de raison dans les banques (privées) de leur pays et qui voulaient récupérer leur mise: "allez vous faire foutre! Il n'est écrit nulle part que quand on joue, on gagne à tous les coups!"
Il y eut quand même quarante députés qui ont sauvé l'honneur - ils sont exclus de leurs partis respectifs de droite comme "de gauche" - en refusant ce plan improbable après que des "socialistes" aient accepté de le mettre en oeuvre dans le cadre d'une "union nationale" politicienne qui incluait même le parti fascisant!
A méditer: "et si nous devenions tous grecs?"
benjamin borghésio
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