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(suite de la note de lundi)
Il faut aussi que les "très grandes entreprises de distributions planétaires françaises" soient au service des PME exportatrices! Bigre mais il nous fait de l'économie planifiée, le bougre! Un plan quinquennal! Il demandera aux parlementaires du Modem qui siègent à Strasbourg de siéger à la cauche de la gauche, aux côtés de die Linke et du FdG français?
On ne peut pas dire que l'on soit contre, mais comment concilier ces belles idées avec la "concurrence libre et non faussée", avec l'interdiction faite aux pouvoir publics d'intervenir dans le libre cours des affaires - principes auxquels il s'est toujours associé? Certes il veut "changer le climat social" mais s'il croit qu'en mettant un ou deux pékins représentant les salariés dans les conseils d'administration de ces grandes entreprises cela modifiera quoique ce soit à ce climat comme au processus décisionnel, il se trompe lourdement.
Bayrou déplore aussi que "l'Europe soit mal ficelée". Il regrette "le labyrinthe institutionnel", et s'en prend - un comble venant d'un centriste issu de l'UDF non giscardienne - à Jean Monnet et ses pairs coupables selon lui (source: interview à Marianne) d'avoir estimé que l'Europe était une chose trop sérieuse pour que sa construction soit abandonnée aux peuples, et qu'en ce domaine il fallait maintenir la démocratie aux lisières. Bayrou qui a voté l'Acte Unique, Maastricht, le TCE, le traité de Lisbonne, dont les rares élus du Modem qui siègent à Strasbourg ont soutenu tous les projets en ce sens.
Il revendique aussi désormais pour la BCE le rôle de refinancer directement ou par un organisme intermédiaire un état en difficulté - mais dans ces conditions pourquoi soutint-il ardemment tout ce qui allait à l'opposé de ce qui, effectivement, est le simple bon sens?
Bref, il nous prend pour des nèfles atteints de sénilité précoce.
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Pour le reste il se lance : il faut un président de l'Europe élu, qui dirige effectivement. En clair, la fin des nations et notre destin avec les Bulgares, les Maltais, les Suédois sera de même nature qu'entre Alsaciens, Bretons, savoyards et Parisiens. Il faut que les Français le sachent, et il faut qu'il nous explique en quoi cette Europe ploutocratique est compatible avec la défense des intérêts français... et une quelconque alternance institutionnellement possible puisque l'Europe est et demeurera ultra-réactionnaire jusqu'à la fin des temps (encore heureux si elle respecte encore les règles de la démocratie formelle: l'exemple hongrois donne à méditer)
Et sinon, comment compte-t-il réaliser ce programme d'austérité massive censée nous... protéger de l'austérité ? Bayrou tient pour établi que dans la conjoncture du moment, la solution sarkozyste est dévaluée à un point suffisant pour être hors-jeu... et que tout se jouera entre les socialistes, forcément archéo, forcément dépensiers, forcément propres à mettre la France en faillite d'une part et lui même d'autre part
Nos socialistes, pas les autres: il cite en exemple Zapatero et Papandréou qui selon lui ont su entamer les réformes européennes les plus courageuses. Il lui échappe sans doute que les deux ont été chassés du pouvoir, et que c'est justement le modèle économique de Zapatero qui a précipité son pays – donné en exemple par la droite, "ah si tous les socialistes étaient comme lui !" – dans une faillite dont on se demande comment elle se remettra. Idem pour Papandréou, bon petit élève de l'austérité, et qui ne fut pas irréprochable dans les dérives grecques qu'aucune politique ne saurait tolérer (un pays qui ne prélève pas l'impôt et qui laisse prospérer une fraude massive qui avantage forcément le fort contre le faible ne saurait être un modèle viable)
Cela se jouera donc dans un premier temps entre Hollande et lui et les Français, forcément "raisonnables", n'hésiteront pas - surtout qu'une coalition qui irait de Joly à Mélenchon en passant par Hollande ne serait pas viable (quand lui, qui n'a guère ramassé que des opportunistes partis d'ailleurs parce qu'on ne leur avait pas donné toute la place qu'ils estimaient mériter, comme Bennahmias et récemment Douste-Blazy, défense de rire, saurait rassembler largement)
Sans rire, Bayrou se compare à Delors. Sauf que malgré tous les clins d'œil qu'ils lui ont fait, ce dernier n'a jamais quitté le PS pour "le centre": centriste lui-même dans l'âme et europhile béat malgré quelques réserves quant au fond, il estimait que sa place était au PS. Enfin, lucide, Delors ne concourut jamais à la présidentielle, assuré (à juste titre) qu'il n'aurait pas de majorité pour mettre en œuvre la politique souhaitée par lui-même et, plus tard, par son successeur autoproclamé.
Pour Bayrou, "la droite et la gauche avec des alternances cycliques, c'est dépassé, il n'est qu'une majorité possible, au centre". En clair, et c'est plus grave que cela en a l'air, la démocratie le dérange parce que comment existe-t-elle autrement que de manière formelle quand de facto il n'y a plus d'alternance? (Ce que l'on appelle "centre" n'est que la version vaguement adoucie et judéo-christianisée de la droite dure telle qu'on la connaît en France)
Le bonhomme reprend l'antienne de Giscard : "la Franche veut être gouvernée au chentre" avec la vraie gauche d'un côté et la droite dure de l'autre (à l'époque la guerre et ses souvenirs étaient trop proches pour que l'extrême droite pèse de façon notable) à jamais repoussés même pas dans l'opposition, mais dans l'inexistence. Douce dictature d'une majorité molle sur des minorités, qui ne seraient plus jamais en mesure de peser sur le cours des choses (en oubliant la colère et de désespoir que ce genre de situation engendre, avec la violence pour corollaire).
Ne lui en déplaise, il faut une majorité et une opposition susceptible de la remplacer lors d'une alternance crédible, pour que la démocratie fonctionne. Chaque fois que des forces un peu moins réactionnaires que d'autres – hors circonstances extraordinaires telles qu'une guerre – se sont associées au "centre-droit" (qui n'est que la droite), non seulement elles n'ont absolument pas pesé sur le cours des choses mais elles le payèrent fort cher auprès de leurs électeurs. Cf. le "grande coalition allemande" quand le SPD est venu prêter main forte à Merkel : ce fut pour appliquer le programme de la CDU (sauf sur des points cosmétiques) et aux élections suivantes, ce fut une raclée historique pour le SPD.
Bayrou n'est finalement qu'un doux vendeur de rêves qui deviendraient cauchemars, un imposteur et un substitut tout aussi violent que Sarkozy, sous un aspect un peu plus avenant.
Simplement plus faux-cul. Centriste, quoi.
benjamin borghésio
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